Franck Signorino : " Au stade de la confirmation "


          Face à Istres (saison 2002-2003), Franck Signorino disputera son vingtième match d'affilée. Devenu l'occupant incontournable du couloir gauche, le Messin ne perd pas de vue l'essentiel, pour lui comme pour son club : " Ne pas s'éterniser en Ligue 2. "
 

Franck Signorino , vous n'avez pas manqué un seul match depuis Clermont-Metz, le 29 septembre, à un poste qui nécessite une grosse débauche d'énergie. Comment faites-vous ?

    "Plus je joue, mieux je me porte ! Si j'évolue à ce poste, c'est que j'ai les qualités pour. Même si c'est parfois difficile au niveau de la récupération, pour l'instant je tiens la distance. L'organisme suit mais si jamais je viens à connaître une baisse de régime, j'en parlerai à l'entraîneur."

Avez-vous le sentiment, physiquement, d'avoir accompli de gros progrès ces derniers mois ?

    "Oui, je l'ai notamment vérifié contre Toulouse. Malgré mon arrêt de cinq semaines, après une blessure fin août, j'ai franchi un palier. J'ai eu quelques matches difficiles, le temps de trouver le rythme, à Clermont ou Valence par exemple, mais tout est rentré dans l'ordre."


A tel point que vous n'accusez quasiment plus de creux au cours d'un match, contrairement à vos débuts...

    "L'an dernier, je voulais prouver en me donnant à fond en première mi-temps. Je le payais ensuite. Désormais, je réussis à tenir le coup sur toute la durée. Je crois surtout que cela tient au fait que l'accumulation des matches m'a appris à mieux me placer. Eviter les courses inutiles grâce à un bon placement permet de garder de l'énergie et d'apporter un plus offensivement."
 

Résumez-nous les exigences propres à ce poste de joueur de couloir...

   "Quel que soit le système, 3-5-2 ou 5-4-1, le couloir gauche est à moi, ce qui nécessite une bonne aérobie et pas mal de puissance. Mais c'est avant tout, je crois, une affaire d'état d'esprit. De bonnes qualités physiques sont indispensables mais il faut surtout savoir se faire mal."

 
Que devez-vous améliorer en priorité ?

    "Ma sensibilité avec le ballon, mes qualités techniques. J'ai déjà moins de déchet dans ma relance, mais je dois encore travailler la qualité de mes centres. Si mon dernier geste manque parfois de précision, c'est aussi parce que la lucidité peut faire défaut, au début d'une grosse dépense d'énergie."
 

Après la saison de l'apparition, l'an passé, vous voilà donc au coeur de la saison de la confirmation...

    "Je me suis, du jour au lendemain, retrouvé sous le feu des projecteurs, apparaissant un peu comme une révélation. J'ai ensuite été remis en cause au début de saison, du fait de résultats négatifs J'étais considéré comme un pilier, alors que je ne comptais que treize matches en D1 !"

 
La faute à des débuts dans l'urgence ?

    "J'au un parcours atypique puisque, d'habitude, le temps de jeu augmente progressivement alors que moi, j'ai joué d'emblée. Ce que je ne regrette pas. Maintenant, je suis en train de prouver que ma fin de saison dernière n'était pas un feu de paille. J'en suis au stade de la confirmation, mais loin d'avoir confirmé."

 
Finalement, pour vous comme pour d'autres joueurs de votre génération, la Ligue 2 constitue peut être le bon tremplin ?

    "En tout cas, elle a permis  pas mal de jeunes d'être lancés. Quand à moi, je l'ai été en D1 et, durant ces treize derniers matches de la saison, j'ai davantage appris en jouant le maintien que si nous avions occupé le milieu de tableau. Evoluer en Ligue 2 n'était pas obligatoire, mais ça m'a endurci. En Ligue 1, le club aurait pu recruter et j'aurai sans doute moins joué. Dans ce malheur-là, je trouve mon bonheur. Mais il n'est pas question de s'éterniser en Ligue 2. Ni le club, ni moi car j'ai l'ambition personnelle de rejoindre l'équipe de France espoirs."
 
En vue de la montée, s'ouvre une semaine très importante...

   "Tout se jouera dans le sprint final. La preuve, il suffit de perdre pour la première dois depuis huit journée (à Lorient), pour se retrouver septième. L'objectif de la semaine est donc de prendre six points et, avec ces six points, on nous reverra aux trois premières places."