Signorino reçoit ses copains

 
    Transféré de Metz à Nantes à l'intersaison, Franck Signorino est heureux de retrouver ses anciens coéquipiers, demain, à la Beaujoire.

     Nantes - Metz, trois mois plus tard. Entre le match ayant opposé les Canaris aux Grenats le 28 mai dernier lors de la 38e journée de la L1 2004-2005 (1-0) et la même rencontre programmée demain à l'occasion du championnat 2005-2006, tout a changé pour Franck Signorino passé d'un camp à l'autre. Mais après huit saisons en Moselle, le défenseur à la crinière blonde s'est apparemment vite adapté à sa nouvelle vie : « L'ambiance dans l'équipe est excellente, la ville agréable, le centre d'entraînement de la Jonelière perfectionné... Bref, je me sens super bien à Nantes ».

    Comme si Signorino était destiné à porter la tunique de ce club... Il y a de quoi penser cela, puisque l'ancien international espoirs a indirectement participé au sauvetage des Canaris en L1, le 28 mai dernier, en appartenant à l'équipe messine battue 1-0 à la Beaujoire. S'ils avaient perdu ce match décisif, les hommes de Serge Le Dizet évolueraient aujourd'hui en L2...

    « Le hasard fait bien les choses », répond le défenseur gaucher quand on l'interroge sur le sujet. « La défaite avec Metz ne m'avait pas trop déçu dans le sens où nous avions également assuré notre maintien. En revanche, je me souviens que les Nantais avaient fêté ça d'une manière incroyable. J'étais content pour ce club qui fait partie des grands noms du foot français. Mais je n'imaginais pas une seconde signer là-bas. A ce moment-là, je n'avais pas été sollicité par les Canaris ».

    Et quand le natif de Nogent-sur-Marne a reçu les offres du FC Nantes à l'intersaison, il a bien réfléchi avant de dire oui. Parce qu'il avait d'autres propositions sous la main : « J'ai eu des touches avec Nice, le Betis Séville et l'OM par l'intermédiaire de Jean Fernandez que j'ai beaucoup apprécié à Metz ». Des contacts particulièrement intéressants qui s'expliquent par les qualités de Signorino mais aussi par la rareté des latéraux gauchers sur le marché des transferts.

    « J'évolue à un poste où il n'y a pas des centaines de spécialistes. D'abord, le nombre de droitiers est plus élevé. Ensuite, les ''pattes gauches'' ont une frappe de balle qui les conduit naturellement à occuper des rôles offensifs. En fait, j'ai reculé au fil de ma formation puisque j'ai joué ailier, milieu puis défenseur ».

    Cette marche arrière sur le terrain a coïncidé avec une marche avant sur l'échiquier du foot pro : « Je suis devenu latéral assez tard, vers 18 ans. Et six mois plus tard, j'ai été lancé en L1 par Gilbert Gress ». Par la suite, ce pur produit du centre de formation messin (« Je suis arrivé à l'âge de 15 ans après avoir signé un contrat de non-sollicitation dès 12 ans ») a toujours mouillé le maillot des Grenats.

    Au point de devenir un joueur symbole pour les fidèles de Saint-Symphorien qui ont moyennement apprécié son départ : « Certains supporters n'ont effectivement pas compris mon choix de quitter Metz, seizième de la L1 2004-2005, pour rejoindre le dix-septième. C'est pourtant très simple. J'avais l'impression d'avoir fait le tour de la question chez les Grenats. Et j'ai estimé que le FC Nantes m'offrait l'occasion de franchir un palier. Il suffit de regarder le palmarès du club pour s'en rendre compte. On y voit huit titres de champion de France ».

    Mais la conquête d'une neuvième couronne ne constitue évidemment pas l'objectif des « Jaunes » cette saison, malgré une entame plutôt encourageante avec sept points pris sur douze. « Terminer dans les dix premiers serait déjà une belle performance », glisse Signorino qui se dit également optimiste quant à l'avenir de son ancien club. « A mon avis, l'effectif mosellan est meilleur qu'en 2004-2005. Des joueurs comme Ahn, Ouadah ou Paisley sont de bonnes recrues capables d'apporter de l'expérience. Je pense que Metz se maintiendra ». Et ce, malgré ce pronostic un peu taquin : « Deux défaites contre Nantes en 2005-2006 ! ».

Extrait de L'Est Républicain , 26/08/05