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Franck Signorino : la REVELATION
 


    Découvert par le grand public lors du déplacement des Grenats à Lyon, Franck Signorino a depuis gagné ses galons de titulaire au sein de la formation messine. Son état d’esprit au dessus de tout reproche a fait de lui le chouchou de Saint-Symphorien.
 

    Grande révélation de cette fin de saison, Franck Signorino a chaussé sa première paire de crampons à 5 ans et demi pour porter les couleurs de Nogent sur Marne, club de région parisienne : « Au départ le football était un loisir. Je prenais vraiment plaisir à jouer avec mes copains. Je ne pensais pas en faire mon métier jusqu’à ce que je rencontre le recruteur de Metz ». D’ailier à milieu défensif, d’arrière gauche à avant-centre, Franck s’est essayé à presque tous les postes. Une grande polyvalence que l’on retrouve encore aujourd’hui dans son jeu.

    Son endurance au dessus de la moyenne et sa vitesse de pointe n’ont pas tardé à taper dans l’œil des recruteurs de l’INF Clairefontaine. Un premier pas vers le football de haut niveau qui ne sera pas concluant : « Je mesurais 1m45 à 15 ans. C’était dur de faire face aux grands gabarits de la région parisienne. Comme si ça ne suffisait pas, une blessure de croissance au talon m’a écarté des terrains. Mon entraîneur d’alors m’avait dit de continuer mes études car je n’atteindrai jamais la D1. »

    Quelques paroles présomptueuses qui auraient pu mettre fin à ses rêves si un recruteur de Metz n’avait cru en lui : « Lens, Sochaux ou encore Amiens m’avaient approché à l’époque mais Metz était le seul club qui s’engageait à ce que j’obtienne mon bac. Dans le football, il y a beaucoup d’appelés pour très peu d’élus et je n’ai pas voulu tirer un trait sur mes études. » Le juste choix du blond défenseur vient de valider sa première année de DUT technique de commerce après avoir décroché son Bac ES.

     Arrivé en Lorraine à l’âge de 17 ans, Franck a connu des premières saisons délicates sous le maillot Grenat. Si ses performances sportives honoraient la confiance qui avait été placée en lui, des pépins physiques à répétition l’ont empêché de prendre sa pleine dimension : « J’ai commencé par une double fracture tibia-molléole lors de mon deuxième match amical qui m’a écarté des terrains jusqu’à décembre. Ma seconde saison fut plus heureuse avec une demi-finale de Coupe Gambardella et une participation aux phases finales du Championnat avec les 17 ans Nationaux. J’ai été relativement épargné durant cette année là avec une seule fracture de fatigue qui a nécessité un mois d’arrêt. La saison suivante s’est achevée en mars pour moi avec une seconde fracture de fatigue. A peine le temps de revenir à niveau qu’une mononucléose me tombait dessus !"

         Alors que beaucoup auraient baissé les bras, notre blond défenseur s’est accroché, bénéficiant du soutien des entraîneurs du centre de formation. Le vent a fini par tourner. Un très bon début de saison lui a permis d’asseoir sa place de titulaire en CFA. Ensuite tout les événements se sont enchaînés à la vitesse grand V : « Le mercredi avant Lyon nous avions réalisé un très bon match contre Nancy à la clé une victoire 3-0. Le lendemain j’ai été appelé pour participer au décrassage avec le groupe professionnel. J’ai eu une entrevue avec Gilbert Gress qui m’a confié avoir entendu beaucoup  de bien à mon sujet. Il m’a alors annoncé ma sélection pour le déplacement à Lyon, même si au départ il était prévu que je sois remplaçant. Je n’ai pas vraiment eu le temps de me mettre la pression. Après tout, pour moi c’était du bonus alors je pouvais aborder la rencontre sereinement. »

         Si cette première titularisation sous le maillot grenat ne s’est pas passée comme il le souhaitait, Franck  a depuis convaincu le public de Saint-Symphorien, peu avare d’applaudissements à chacune de ses sorties. Sa présence dans tous les compartiments du jeu et son état d’esprit combatif lui ont même valu d’être cité en exemple par Gilbert Gress en personne. Déjà plus jeune, un des entraîneurs de la préformation lui avait attribué le surnom de "pull-boy", à l’image de ces jouets en plastique qui se relèvent instantanément lorsqu’ils sont mis au sol, tels un ressort. « C’est vrai que j’ai presque toujours eu une endurance supérieure à la moyenne. J’ai même fait un peu d’athlétisme pendant six mois, je courrais le 1000 mètres. Mais d’un autre côté j’ai rencontré quelques problèmes physiques liés à ma croissance et cela s’est répercuté sur mes capacités pulmonaires. Maintenant cela va beaucoup mieux ! ». Jusqu’à devenir le véritable poumon de la formation messine de cette saison.

    Mais Franck Signorino ne pourra pas à lui seul assurer le maintien du club en D1 du haut de ses 21 ans : « Rien n’est encore perdu mais il faudra absolument aller chercher des points à l’extérieur, en commençant par Auxerre et Monaco. L’an prochain je préfère jouer à Lens ou Paris plutôt qu’à Istres ou Laval. Le D1 une fois qu’on y a goûté, on a envie d’y rester ! ». Un espoir et une envie encore partagés par toute une ville…