Le défenseur messin est
frustré,
une poignée de secondes ont suffi à broyer les desseins
lorrains à Bastia où Metz a perdu un point sur le chemin
du maintien.
Franck
Signorino, comment Metz a pu résister pendant quatre-vingt-dix
minutes et céder
dans les ultimes secondes ?
« Vu
la physionomie du
match, on ne pouvait pas espérer plus qu’un point. On ne
s’est pas créé
une seule occasion contre le 19e du championnat, c’est
un problème
collectif. On a joué beaucoup trop bas et, à force, on a
fini par craquer. La
victoire des bastiais est méritée. Nous n’avons pas
d’excuses à avancer. »
Vous
êtes à l’origine du coup franc qui amène le
but corse. Cette faute était-elle
évitable ?
« Sans
doute, mais je ne suis
pas sûr qu’il y a faute : Chimbonda se jette avant
que je mette la
jambe. C’était ma deuxième ou troisième
faute du match ; à dix
secondes de la fin, c’est dommage, cela accentue la
frustration. »
Jusque-là,
Bastia avait dominé toute la partie. Avec vos
coéquipiers, vous êtes restés
repliés dans votre camp…
« Ce
n’était pas voulu. En
tous cas pas autant. Song et Yahia ont abusé de longs ballons
vers Cherrad et
Hadji. Ils ont gagné les duels. Quand on parvenait à se
dégager, on n’était
pas présents à la retombée. Les Bastiais ont
dominé les débats aériens. Et
c’est d’ailleurs de cette manière qu’ils se
sont montrés les plus
dangereux, par Cherrad en première mi-temps, avec la tête
de Chimbonda sur la
barre, avant de marquer grâce à Yahia. »
Est-ce
aussi lié au fait que vous disputiez votre troisième
rencontre en une semaine ?
« Physiquement,
ils nous étaient
supérieurs. Ils avaient plus de jus, de vivacité,
de tonacité, du
moins. Dire que c’était notre troisième match en
huit jours serait trop
simple. Je n’aime pas me cacher derrière ce genre
d’arguments. On savait
que, après ce match, on allait bénéficier de
quinze jours pour récupérer.
Ça se joue dans la tête : on peut compenser un manque
de fraîcheur par
un été d’esprit irréprochable. »
Après
les reproches de Jean Fernandez à Sochaux, vous avez
réagi de ce côté-là…
« On
voulait faire un résultat,
prendre un point. Mais on a peut-être eu peur d’aller plus
vers l’avant. En
fait, on avait la volonté, mais on a peut-être joué
petit bras. »
Après
une défaite de cette façon contre un adversaire direct,
le moral est dans les
chaussettes ?
« Dans
les minutes qui ont
suivi la fin du match, nous étions tous abattus. Maintenant,
nous avons deux
semaines pour préparer la venue de Toulouse. Les
résultats ne nous ayant pas
été défavorables ce week-end, une nouvelle chance
nous est offerte de faire
le trou, car Caen, Nantes, Strasbourg et Bastia vont se déplacer
à leur tour.
A nous de faire le break. La prochaine journée sera capitale, le
tournant de la
saison. »
Vous
ne possédez plus que quatre points d’avance sur le premier
reléguable. Que
vous inspire ce classement ?
« La
crainte. Mais avec
quatre ou cinq points, le problème reste le même. A nos
d’assumer nos
responsabilités pour conserver cette avance. »
Cette
fin de championnat s’annonce-t-elle plus délicate que
l’an dernier ?
« C’est
du même acabit.
Cependant, on était plus en difficultés
la saison passée. On est mieux placé d’un point de
vue comptable, mais si on
réédite une contre-performance face à Toulouse, on
rencontrera les mêmes
difficultés. Le capital-points amassé au mois
d’août nous permet de ne pas
naviguer dans la zone rouge, mais il faudra se battre jusqu’au
bout. »