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Franck
Signorino : " Je manque de régularité"
Samedi, son
centre
décisif a permis à Thiaw de marquer et à Metz de
renouer
avec la victoire. Un phénomène pour l'heure exceptionnel
qui
ne fait pas perdre de vue à Franck Signorino une première
partie
de saison en demi-teinte.
Signorino admet la surprise. Metz-Bastia
égrène
sa 65° minute, samedi, et Franck Signorino repart de l'avant
après
avoir très symboliquement récupéré dans les
pieds
de Piocelle un ballon perdu dans ceux de Ferreira. Il le remet
vers
le centre, où Djiba prolonge pour Leca. Le milieu de terrain
messin
adresse alors un long ballon pour son blond partenaire qui, du gauche,
en
pleine course et sans contrôle, exécute un centre tendu en
pleine
surface, où Thiaw marque de la tête le but de la
première
victoire messine depuis le 25 octobre."C'est un centre que l'on a
pas
l'habitude de me voir faire", affirme Signorino qui
comprend donc
la surprise générale qu'il a pu ainsi provoquer! "Je
ne me suis pas posé de question, raconte-t-il, il
fallait
centrer fort devant le but où je me disais qu'il devait bien y
avoir
quelqu'un..." Et puisqu'il s'agissait de Pape Thiaw, la
probabilité
était grande de voir les filets trembler.
Signorino admet aussi la
critique.
A force de lire et d'entendre que ses qualités techniques se
situent
à un niveau nettement insuffisant, Franck Signorino pourrait se
dire
agacé, voire se sentir agressé. Mais puisque sa
tête
paraît plus pleine que ses pieds semblent agiles, il admet la
critique
:"Elle est juste, donc normale. D'autant, ajoute-t-il, qu'on
n'oublie
jamais de dire que je compense par d'autres qualités, de
générosité
et d'abnégation notamment." Apparu dans la
précipitation
d'une saison 2001-2002 que Gilbert Gress avait pour impossible mission
de
sauver, Signorino ne cherche aucune excuse, mais il réclame un
peu
de patience : "Je n'ai que 22 ans, des débuts
accélérés
à ce niveau et, finalement, peu d'expérience. J'accuse
donc
un retard dans le domaine technique, mais je vais travailler pour le
combler."
Signorino a identifié
le
mal. Au moins il n'est pas utile de revendiquer un long passé de
technicien
au plus haut niveau pour cerner les limites actuelles de Franck
Signorino.
Lui-même a d'ailleurs identifié le mal : "Pour passer
un
palier, dit-il, il me manque le dernier geste et je dois
veiller à
soigner ma relance, car j'ai tendance à me précipiter,
voire
à paniquer. Mais c'est d'abord un problème psychologique.
Je
dois me convaincre de jouer plus relâché." Pour
résumer,
le successeur de Philippe Gaillot sous le maillot grenat floqué
du
chiffre trois a traîné comme un boulet l'erreur fatale
(pourtant
partagée avec Agassa) ayant conduit à la victoire
d'Ajaccio
à Saint-Symphorien, dès la première journée
de
championnat.
"Cette passse (à l'adversaire) est
restée présente en moi, même si on me
répète
qu'elle appartient au passé. Nous étions onze à
perdre,
mais la responsabilité de cette défaite me revenait. Avec
ça
plus des problèmes physiques jusqu'en octobree
(des
douleurs au genou longues à disparaître), je n'ai
jamais
été serein." Il espère maintenant que son
exploit
bastiais agira comme une thérapie : "J'ai prouvé que
j'étais
capable de faire ce que l'on attendait de moi." Rien de plus.
Surtout
rien de moins
Signorino avance son bilan. Ayant
disputé,
face à Bastia, son 16ème match sur 19, Franck Signorino
dresse "un bilan mitigé" de sa première partie
de saison : "Je ne suis pas satisfait de moi car j'ai commis de
grosse
fautes. Je n'ai pu être décisif qu'à deux reprises,
et
encore la première fois face à Montpelier a
été
assez chanceuse. Je manque encore de régularité dans mes
performances."Ce
que cette première moitié de championnat disputée
dans
sa quasi-intégralité révèle de ses points
faibles
le renforce donc dans son choix estival d'être resté
à
Metz. Et la pugnacité de ce battant-né reste la plus
sûre
assurance de le voir progresser.
Sylvain
VILLAUME
A
plat,
c'est mieux
Un
même match, deux rôles différents : samedi, la
sortie
prématurée de Stéphane Borbiconi, blessé, a
rejailli
sur tout le dispositif messin, et en particulier sur la mission
confiée
à Franck Signorino. Sa tâche, dans le
schéma initial
en 3-5-2, lui confère la pleine occupation du couloir
gauche
et, notamment, de longues courses qui, très souvent, entament sa
lucidité
au moment d'effectuer le dernier geste, défensif comme offensif.
"Mes limites sont davantage visibles dans cette
organisation",
le joueur messin en convient même s'il a fort bien tenu sa place,
la
saison passée, à ce poste. "Mais,
reconnaît-il
encore, en Ligue 2 le niveau n'était pas le même..."
Une défense à plat,
comme
celle de la fin de Metz-Bastia, paraît donc plus conforme aux
caractéristiques
de Franck Signorino : "Compte-tenu de mon retard technique, le
4-4-2 présente
moins de risques pour moi, dit-il. Je monte moins, puisque j'ai
des
partenaires devant moi à qui revient en priorité l'aspect
offensif.
En revanche, je peux parfois venir créer le surnombre."
Samedi,
cette débauche d'énergie mieux contenue lui a par exemple
permis
de réussir le centre parfait ayant amené le but messin,
tout
en permettant à ce défenseur intransigeant dans ses duels
de
mieux se consacrer à l'essentiel de son rôle. Au marquage,
notamment.
Qu'importe ensuite, les commentaires non-irités : "Quand nous
jouons
à quatre derrière, j'entends dire que je ne suis pas en
forme
car je monte moins. Or je respecte juste le système;"

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