Franck Signorino à la découverte d'un autre football

 

    Très attendu au poste de latéral gauche pour sa vivacité, Franck Signorino prend peu à peu ses marques au sein de la maison jaune. Un vrai bouleversement pour lui qui n'a connu jusque-là que le FC Metz. Mais à 23 ans, il veut donner un coup d'accélérateur à sa carrière.

    Pour avancer, un footballeur doit savoir se remettre en cause. Une démarche que Franck Signorino a fait sienne en cette intersaison : arrivé adolescent au FC Metz, ce banlieusard parisien d'origine n'a pas hésité à opter pour le FC Nantes, « un des rares clubs de Ligue 1 où je ne connaissais personnellement aucun joueur ». Une vraie découverte humaine, mais aussi sportive : « Je passe d'un club où nous n'avions que 30 % de possession de balle, à un autre où, sur les matches amicaux, nous l'avons eu à 70 %. Ça change vraiment, il faut intégrer ce paramètre, et trouver sa place en fonction. »

    Ainsi, le contenu des séances d'entraînement change du tout au tout : « Jean Fernandez (NDLR : son ancien coach en Lorraine, qui aurait bien aimé l'emmener avec lui à Marseille) entraîne depuis 25 ans, ses méthodes restent traditionnelles et moins adaptées aux technologies modernes. Ici, grâce au suivi médical dont nous bénéficions, nous pouvons effectuer un travail de seuil très utile dans notre préparation. Et comme nous avions un effectif très jeune, Fernandez nous faisait beaucoup travailler techniquement, en post-formation en quelque sorte. Là, le niveau est irréprochable, et les séances beaucoup plus variées... »

La « ferveur » du 28 mai

    Après une blessure qui l'a privé à son corps défendant de l'ouverture du championnat face à Lens, il a confirmé son potentiel à Rennes, pour sa première sous le maillot canari. Et pourtant face au puissant Utaka, la tâche n'avait rien d'aisée. « Je le connaissais bien, et à chaque fois, c'est un défi physique. Mais je pense en avoir pris la mesure au fil des minutes. » Irréprochable défensivement, teigneux et agressif, Signorino a laissé également entrevoir ses qualités de contre-attaquant. Même si, dans ce domaine, il lui reste à progresser dans certains de ses choix. « Je joue sur la percussion, la vitesse. Ici, on pratique surtout des attaques placées, je dois mettre mes qualités à la disposition du collectif. » Son entente avec Mhadhbi, son nouveau compère du côté gauche, a aussi semblé prometteuse. « On parle beaucoup, c'est important pour se trouver des affinités et des repères. Mais il nous faudra encore du temps pour exploiter au mieux notre complémentarité. »

    Avec ce premier virage dans sa carrière, le nouveau parrain des « Magic Canaris » s'affirme comme « un compétiteur » avide d'enrichir son bagage footballistique, « alors qu'à Metz, je n'avais pas de perspective d'évolution. Je viens franchir un palier ». Très reconnaissant envers le football « qui me permet de vivre de ma passion », il s'avoue aussi lecteur de la presse spécialisée, « et des avis que l'on porte sur moi, dans une optique de progression ». Très avide de retrouver le public de la Beaujoire après le contre-temps lensois, il garde en mémoire cette fameuse soirée du 28 mai, où joueur du FC Metz, il a découvert « une ferveur » qu'il n'imaginait pas le long des côtes atlantiques. Depuis, son chemin a croisé à nouveau celui du FC Nantes. En espérant le meilleur pour les deux parties...

Vincent BESNARD.

Extrait de maville.com, 13/08/05

 
 

  

Franck Signorino n'a pas tardé à arpenter le flanc gauche du jeu nantais. Serge Le Dizet compte beaucoup sur ses qualités de vivacité pour dynamiser son collectif.